lundi 28 janvier
#96 Merci bonsoir.
Si je n’écris plus beaucoup, en tout cas rien de sérieux, c’est parce que je ne sais pas trop ce que ça va donner. Le bac approche et avec lui les révisions, l’été, puis, si la chance me sourit, le départ. Nouvelle ville, nouvelles têtes, et puis quoi encore ? Mon appart’ à moi tant qu’on y est ? Olala.
Je ne vois plus les filles, ou si peu. Un rapide bonjour, un « ca va ? » du bout des lèvres, un keffieh échangé, un peu comme après un divorce. Bon. Relativisons. Il me faut une bonne nouvelle… Oh ! j’ai de nouvelles kickers, magnifiques, vertes, un peu comme tout ce que je m’achète depuis trois mois. Voilà. La bonne nouvelle du jour. Merci bonsoir, à la prochaine.
Sinon ? ça va plutôt bien.
J’échauffe mon poignet en vue des dissertations (bac blanc oblige) et autres paperasses à remplir (machins allocations jeunes pour le logement, bidule liste de vœux d’orientation… Foutaises). Un jour je vous ferais un petit topo là dessus, c’est passionant.
Interlude musical, pour le feune :
Oh et puis je vous recommande le petit dernier de Radiohead. Absolument wonderful.
jeudi 24 janvier
(!)
18 mars 2008
Girls in Hawaï
20h30 à l'Astrolabe.

dimanche 20 janvier
Quand j'serais grand j'serais astronaute.
En fait on est justes des mômes un peu éberlués par tout ça. On fait comme si on s’en fichait, comme si on était grand. On s’promène dans les bois en pleine nuit, on roule vite, on vit à cent à l’heure, tout ça pour se prouver qu’on a peur de rien. Alors qu’au fond, tout au fond, on est morts de trouille. C’est trop grand le monde. Il y fait froid. Et les gens y sont gris. On serre les dents, on ferme les yeux. On avance à l’aveuglette, en espérant ne pas trébucher. On attend d’être grand, dans le noir. Et on écoute de toutes nos oreilles, au cas où quelqu’un viendrait nous taper sur l’épaule pour nous dire que ça y est, t’es grand, bienvenue. Mais personne ne vient jamais. Et quand finalement on rouvre les yeux, on a toujours peur, et rien n’a changé. Enfin rien, peut être pas. Maintenant, nos joues sont ridées, nos mains tremblent.
Tandis qu’au fond, tout au fond, le môme ferme toujours les yeux, en attendant.
mardi 15 janvier
Faut qu'on parle.
« Anaïs, assieds-toi, faut qu’on parle. » Ca commençait toujours comme ça. Comme si parler pouvait arranger les choses. La solution miracle. Tu parles. Mais ils avaient l’air d’y tenir, à leur solution miracle. Alors j’obéissais en soupirant. Et j’attendais encore et toujours la semonce qui se cognait contre les murs de la cuisine, et n’allait pas tarder à tomber.
J’aurais pu choisir de détester mes parents. Pour ce qu’ils étaient, pour ce qu’ils avaient fait il y a dix-huit ans. Me créer, moi, être instable incapable de communiquer. Me transmettre leurs yeux, et par la même occasion leurs défauts. Je hais le monde, le monde me hait. Ce genre de conneries adolescentes.
A vrai dire, je ne les détestais pas, au contraire. Ils étaient mignons, avec leurs défauts tellement latents, l’inconscience de leur imperfection. Evidemment, comme tout le monde, ils vous diront que personne n’est parfait. Mais n’accepteront jamais d’avoir tord.
Mes parents, je les aime. Tout d’abord parce que ce sont mes parents. Bah oui, dit comme ça, ça paraît con. Mais vu le nombre de fois où ma mère m’a dit que je ne pouvais pas dire « ça » de mon père pour la simple et bonne raison qu’il est mon géniteur, ça à l’air de compter. Ensuite, parce qu’ils m’aiment. Oui, ça compte aussi. J’ai grandi dans un environnement que l’on pourrait qualifier de sain. Une maison, à la campagne, des parents bio gauchistes. Le rêve. Et rien que pour ça, je crois qu’ils méritent ce qui fait que plus tard, à l’hospice, je viendrais les voir de temps en temps : l’amour filial. Enfin, parce que malgré mes efforts désespérés pour ne pas leur ressembler, les gènes ont bien fait leur travail. Il paraît que j’ai les qualités de ma mère, et les défauts de mon père. A traduire par : je suis une grande optimiste très sympa. Mais très grognon, et un peu égocentrique sur les bords.
Tout ça pour dire, je ne les détestais pas. Ils avaient juste le don de m’énerver de temps en temps, avec leurs manies et leurs phrases toutes faites. Mais bon, c’étaient mes parents, et ils ressemblaient à beaucoup d’autres parents. Alors évitons le stéréotype du « si j’avais pu choisir, je vous aurais pas choisi », parce qu’avec des si, on aurait mis Paris en bouteille. Après tout, on choisit pas ses parents, on choisit pas sa famille, ni les trottoirs d’Alger ou d’ailleurs pour apprendre à marcher. Etre né quelque part, blablabla.
Bon, revenons en à la cuisine. J’étais assise, ou plutôt affalée sur ma chaise, et j’attendais que la sentence tombe. Qu’est ce que j’ai bien pu faire encore… ?
« On va se séparer »
Oh, merde.
PS: Ceci est une fiction plus ou moins réelle, mais c'était il y a des années. Merci à ceux qui se sont inquiétés, mais non, ça va.
vendredi 11 janvier
#95 And i'm feeling good.
10h20
Je suis assise là depuis deux heures, encore une heure à tirer avant de pouvoir sortir. Philosophie. L’Etat est-il préférable à l’absence d’Etat ? Oui Non Oui. Ou le contraire, bref, n’importe quoi. Je ne sais pas, je ne sais plus, j’aime, je déteste, je suis vexée. Et toutes ces émotions qui proviennent de gens tellement différents, elles se mélangent dans ma tête pour former un je-ne-sais-quoi qui fait que j’ai mal au ventre. Ou peut être est-ce la gastro, en tous cas ça y ressemble. Et bref dans ma tête c’est le bazar, je confonds les mots, les gens, j’ai oublié mon cours de philo de toute façon je n’avais pas révisé. J’aurais bien aimé pouvoir parler de tas de choses intéressantes, utiliser des mots compliqués et citer pleins d’auteurs, tout ça pour faire plaisir au prof. Je l’aime bien ce prof. Mais je n’ai pas révisé. J’aurais pu inventer des citations d’auteurs connus, voire même inexistants, c’est encore plus chic. Mais ma tête est vide, vous savez, rapport au bazar je mélange tout. Voilà.
19h30
Deux minutes pour souffler, penser un peu. C’est dingue, il n’y a que quand j’écris que j’ai le temps de réfléchir, à la vie, tout ça. C’est peut être pour ça que j’écris aussi confusément. Ma tête est un vrai souk parfois. O me demande pourquoi je l’ai largué. Hahaha. Genre je m’en souviens. Alors je baratine un peu, ça fait toujours plaisir.
Pour en revenir aux deux minutes. Oui je disais donc, ma vie est remplie, de gens, de couleurs, pas forcément toujours les bons mais que voulez-vous, on choisit pas ses parents, ni sa famille, ni d’ailleurs les trottoirs de Manille ou d’Alger… bref ;
Je crois que je suis heureuse. Je dis « je crois » parce qu’on ne sait jamais, et je préfère toucher du bois et ne pas parler trop vite. Je ris beaucoup, parfois même un peu trop ça fait mal au ventre; et les cours ont beau ne pas me motiver, je trouve toujours une bonne raison de me lever le matin. Un peu genre petite philosophie du bonheur, un truc simplissime, tout naturel. Un sourire.
Alléluia.
PS: ha et en ce moment j'adore le jazz. Oui je sais je suis pénible avec mes lubies.
vendredi 04 janvier
#94
2008.
Une petite pensée à tous nos actes manqués, passés comme futur. J’ai décidé d’arrêter de culpabiliser pour des choses que je n’ai pas faites, des rendez-vous loupés de justesse et longtemps regrettés, jusqu’aux soirées auxquelles on va, mais en trainant des pieds. J’ai décidé de voir ce que ça fait, un jour, de faire ce qu’on veut sans regarder le ciel d’un air inquiet, voir s’il nous tombe dessus. J’en ai marre d’agir en me demandant ce qu’untel dira, marre d’écrire puis d’effacer de peur de vexer.
Mon horoscope dit que ce sera l’année du changement. Si je croyais à toutes ces conneries, je pourrais dire « enfin ! ». Seulement, je n’y crois pas. Dommage. Enfin, la vie serait quand même beaucoup moins drôle, s’il suffisait de lire Femme Actuelle.
Autre rituel de début d’année, les bonnes résolutions. Ou mauvaises, après tout on est en démocratie. Chaque début d’année, c’est comme si je faisais peau neuve. Je me fais des listes d’objectifs à atteindre, je souris et sème ma bonne humeur aux quatre vents, telle la fille de Bouddha et mère Théresa. Sauf que cette année, non. Peut être suis-je fatiguée de me fixer des objectifs que de toute façon je ne tiendrais pas. Peut-être que j’ai grandi, que j’ai enfin arrêté de croire que les gens peuvent changer en un instant, juste parce qu’ils l’avaient décidé.
J’aurais pu aussi vous souhaiter une bonne année, mais une année c’est trop long pour être bien du début à la fin. Alors j’vais juste vous souhaiter pleins de trucs joyeux. Peut être même de l’amour, de l’énergie et de la bonne humeur. On verra si vous êtes gentils. Juste, votre horoscope. Parce que je le vaux bien. ___
Sentimentalement : Si vous êtes en couple, vos relations se renforceront et votre compagnon vous prouvera son amour à plusieurs reprises. Attention cependant à la quatrième lune de troisième solstice, car alors Mars sera aligné avec la lune et certaines tensions se feront ressentir. Ou pas. Célibataires capricorne ascendant balance, le grand amour, c’est pour cette année. Merci Meetic. Pour les autres, pensez à vous inscrire. Si c’est déjà fait, prennez plutôt un chien.
Professionnellement : Vous travaillerez plus, quand à savoir si vous gagnerez plus…
Santé : Evitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé. Cependant, attention à l’anorexie. Au pire, suicidez-vous.
